Pannes, renouvellement du matériel, sauvegardes, cybersécurité, assistance aux utilisateurs : la gestion informatique demande des compétences variées et une disponibilité régulière.
Or toutes les entreprises n’ont ni les mêmes besoins ni les mêmes ressources internes. L’infogérance permet de confier à un prestataire tout ou partie de la gestion du système d’information. L’ANSSI souligne d’ailleurs que le recours à un prestataire peut être souhaitable lorsque les compétences disponibles en interne sont absentes ou insuffisantes.
Reste à choisir entre infogérance totale et infogérance partielle.
Qu’est-ce que l’infogérance totale ?
Dans le cadre d’une infogérance totale, le prestataire prend en charge la majorité des opérations informatiques courantes :
- assistance aux collaborateurs ;
- maintenance des postes et des serveurs ;
- gestion des comptes et des accès ;
- mises à jour de sécurité ;
- sauvegardes ;
- supervision des équipements ;
- gestion du réseau et des outils cloud ;
- accompagnement lors des évolutions du système d’information.
L’entreprise conserve néanmoins le pouvoir de décision. Externaliser son informatique ne signifie pas confier librement toutes les orientations au prestataire.
Les priorités, les budgets, les droits d’accès et les projets importants doivent rester validés par la direction.
Qu’est-ce que l’infogérance partielle ?
L’infogérance partielle consiste à déléguer uniquement certains domaines.
Une entreprise peut, par exemple, conserver l’assistance quotidienne en interne tout en externalisant :
- la cybersécurité ;
- la supervision ;
- les sauvegardes ;
- l’administration des serveurs ;
- la maintenance du réseau ;
- les interventions nécessitant une expertise particulière.
Ce modèle permet de compléter une équipe informatique existante sans remplacer ses compétences. Il peut aussi servir à sécuriser les périodes d’absence ou à assurer une surveillance en dehors des horaires habituels.
Pour une TPE : privilégier une prise en charge globale
Dans une structure de quelques salariés, l’informatique est souvent gérée par le dirigeant ou par un collaborateur dont ce n’est pas le métier.
Dans cette situation, l’infogérance totale est généralement la solution la plus cohérente. Elle permet de disposer d’un interlocuteur unique pour les incidents, la maintenance, les sauvegardes et la sécurité.
Le Baromètre France Num 2025 montre que 37 % des TPE-PME font appel à des compétences numériques externes. Il révèle aussi que 55 % disposent de compétences internes, mais que le manque de temps reste leur principal frein à la formation.
Pour une TPE, externaliser évite donc qu’un problème informatique repose entièrement sur une personne déjà mobilisée par d’autres missions.
Pour une PME en développement : choisir selon les compétences internes
Lorsqu’une entreprise grandit, ses besoins deviennent plus complexes : nouveaux collaborateurs, logiciels métiers, télétravail, multiplication des accès et exigences accrues en matière de sécurité.
Deux situations sont possibles.
Si aucun responsable informatique n’est présent, une infogérance totale reste pertinente. Le prestataire peut gérer l’exploitation quotidienne et accompagner les projets d’évolution.
Si l’entreprise dispose déjà d’un technicien ou d’un responsable informatique, une infogérance partielle peut être plus adaptée. L’équipe interne conserve la proximité avec les utilisateurs, tandis que le prestataire intervient sur les domaines nécessitant davantage de disponibilité ou d’expertise.
Cette organisation permet également d’éviter qu’un seul salarié détienne toute la connaissance du système d’information.
Pour une structure plus importante : compléter l’équipe interne
Une entreprise de plusieurs dizaines ou centaines de salariés possède souvent une équipe informatique interne. L’infogérance totale n’est pas nécessairement la solution la plus adaptée.
Elle peut plutôt externaliser des fonctions ciblées :
- centre de support ;
- surveillance des systèmes ;
- gestion des sauvegardes ;
- maintenance d’une infrastructure particulière ;
- cybersécurité ;
- projets de migration ;
- continuité d’activité.
Le prestataire apporte alors des outils, une expertise ou une couverture horaire difficile à maintenir en interne, tandis que l’entreprise conserve le pilotage stratégique.
La taille ne suffit pas pour décider
Le nombre de salariés constitue un premier repère, mais il ne doit pas être le seul critère.
Une entreprise de dix personnes exploitant une chaîne de production peut dépendre davantage de son informatique qu’une structure de cinquante salariés utilisant principalement des outils bureautiques.
Avant de choisir, il faut donc évaluer :
- la dépendance de l’activité au système informatique ;
- les compétences réellement disponibles en interne ;
- le nombre de sites et d’utilisateurs ;
- la sensibilité des données ;
- les horaires pendant lesquels une assistance est nécessaire ;
- le temps maximal d’interruption acceptable.
Plus l’informatique est critique pour l’activité, plus les engagements de disponibilité, de supervision et de rétablissement doivent être précis.
Encadrer clairement la prestation
L’externalisation ne supprime pas les responsabilités de l’entreprise. L’ANSSI identifie notamment des risques liés à la perte de maîtrise du système d’information, aux interventions à distance et à l’hébergement mutualisé.
Le contrat doit donc préciser :
- le périmètre pris en charge ;
- les délais d’intervention ;
- les responsabilités de chaque partie ;
- les règles d’accès aux systèmes ;
- la propriété et la restitution des données ;
- les procédures applicables en cas d’incident ;
- les conditions de sortie du contrat.
Lorsque le prestataire accède à des données personnelles, la CNIL recommande également de vérifier ses garanties de sécurité, sa gestion des habilitations, la traçabilité des opérations et ses obligations de notification en cas de violation.
Choisir un modèle adapté à son organisation
L’infogérance totale convient particulièrement aux entreprises qui ne disposent pas de ressources informatiques internes. L’infogérance partielle répond davantage aux besoins des structures qui souhaitent renforcer une équipe existante ou externaliser certaines expertises.
Le bon modèle est celui qui garantit une répartition claire des responsabilités, une assistance adaptée et une véritable continuité de service.
MB2I accompagne les entreprises dans la gestion complète ou partielle de leur système d’information. La prestation est définie selon leur organisation, leurs outils et le niveau de criticité de leur activité, afin de conserver un environnement informatique fiable, sécurisé et maîtrisé.
Sources :
- Baromètre France Num 2025 sur les usages numériques des TPE et PME.
- Guide « Externalisation et sécurité des systèmes d’information », ANSSI.
- Recommandations de la CNIL pour encadrer la sécurité avec les sous-traitants.