Un salarié reçoit une fausse facture, clique sur un lien ou saisit ses identifiants sur une page qui ressemble à Microsoft 365. Que faut-il faire ensuite ?
La rapidité de réaction peut éviter qu’une simple erreur ne se transforme en piratage de messagerie, en fraude au virement ou en intrusion dans le système informatique.
En 2025, l’hameçonnage représentait 16 % des demandes d’assistance des entreprises et associations, en hausse de 29 %. Le piratage de comptes est devenu leur première menace, avec 21 % des parcours d’assistance, soit une progression de 52 %.
Voici les cinq réflexes à adopter.
- Prévenir immédiatement le service informatique
La première erreur consiste à ne rien dire par peur d’être tenu responsable. Pourtant, plus une tentative est signalée tôt, plus il est facile de vérifier les accès, de bloquer le message et de protéger les autres collaborateurs.
Transmettez immédiatement au service informatique ou au prestataire :
- le message reçu ;
- l’adresse de l’expéditeur ;
- le lien ou la pièce jointe concernée ;
- l’heure approximative de l’incident ;
- les actions réalisées.
Ne supprimez pas immédiatement le courriel. Il peut contenir des informations utiles pour identifier la campagne et vérifier si d’autres salariés ont reçu le même message.
- Déterminer précisément ce qui s’est passé
Toutes les situations ne présentent pas le même niveau de risque. Il faut préciser si vous avez :
- seulement ouvert le message ;
- cliqué sur un lien ;
- saisi un identifiant ou un mot de passe ;
- téléchargé ou ouvert une pièce jointe ;
- communiqué des coordonnées bancaires ;
- validé une demande de paiement.
Le simple fait d’ouvrir un courriel est généralement moins préoccupant que l’installation d’un fichier ou la saisie d’un mot de passe. Cette distinction permet au prestataire informatique de choisir les mesures adaptées.
Lorsque des informations bancaires ont été transmises ou qu’un paiement frauduleux a été réalisé, contactez immédiatement la banque pour tenter de bloquer l’opération.
- Isoler l’équipement en cas de fichier suspect
Vous avez ouvert une pièce jointe inhabituelle, installé un programme ou remarqué un comportement anormal ? Déconnectez l’ordinateur du réseau :
- désactivez le Wi-Fi ;
- débranchez le câble Ethernet ;
- interrompez la connexion VPN ;
- contactez immédiatement le service informatique.
Cette mesure peut empêcher un logiciel malveillant de communiquer avec l’attaquant ou de se propager vers d’autres équipements. L’ordinateur ne doit pas être reconnecté avant d’avoir été vérifié.
- Sécuriser les comptes compromis
Lorsqu’un mot de passe a été saisi sur un faux site, considérez-le comme compromis, même si rien d’inhabituel n’est encore visible.
Depuis un appareil sûr :
- changez immédiatement le mot de passe concerné ;
- modifiez également les comptes sur lesquels ce même mot de passe était utilisé ;
- déconnectez les sessions et appareils inconnus ;
- activez l’authentification multifacteur ;
- vérifiez les coordonnées de récupération du compte.
Pour une messagerie professionnelle, contrôlez également les règles de transfert et de filtrage. Un pirate peut créer une redirection discrète afin de recevoir une copie des échanges, même après la modification du mot de passe.
Il est également prudent de vérifier les messages envoyés, les connexions récentes et les éventuelles demandes de paiement adressées à des clients ou fournisseurs.
- Signaler la tentative et prévenir les autres collaborateurs
Une campagne de phishing vise rarement une seule personne. Le même message peut avoir été envoyé à plusieurs salariés.
Le service informatique peut bloquer l’adresse, le domaine ou le lien frauduleux et prévenir rapidement les équipes. Le message peut également être signalé à Signal Spam et le site frauduleux à Phishing Initiative, afin de contribuer à son blocage.
Lorsque l’incident a permis l’accès à des données personnelles, l’entreprise doit aussi évaluer s’il constitue une violation de données. Si cette violation présente un risque pour les personnes concernées, elle doit être notifiée à la CNIL dans les meilleurs délais, au plus tard dans les 72 heures.
Transformer l’incident en outil de prévention
Cliquer sur un message frauduleux peut arriver à tout le monde. Les tentatives sont aujourd’hui plus crédibles, mieux personnalisées et parfois fondées sur des données issues de fuites précédentes. En 2025, les demandes d’assistance liées au phishing ont progressé de 70 %, tous publics confondus.
L’objectif n’est donc pas de rechercher un responsable, mais de créer une organisation dans laquelle chaque collaborateur sait :
- reconnaître les principaux signaux d’alerte ;
- signaler rapidement un doute ;
- contacter la bonne personne ;
- réagir sans aggraver la situation.
MB2I accompagne les entreprises dans la sécurisation de leurs messageries, la protection des comptes et la sensibilisation des collaborateurs. Une procédure claire et quelques réflexes simples peuvent suffire à stopper une attaque avant qu’elle ne se propage.
Sources :
- Rapport d’activité et état de la menace 2025, Cybermalveillance.gouv.fr, publié en mars 2026.
- Principales cybermalveillances visant les professionnels en 2025, Cybermalveillance.gouv.fr.
- Fiche réflexe « Que faire en cas de phishing ? », Cybermalveillance.gouv.fr.
- Recommandations relatives au piratage d’une messagerie, mises à jour en février 2026.
- Règles de notification des violations de données, CNIL.